Neuroatypie : quand le fonctionnement du cerveau sort des cadres habituels
Il arrive de se sentir en décalage sans vraiment savoir pourquoi. Avoir l’impression de trop penser, de trop ressentir, de ne jamais réussir à se poser. Pour certains adultes, ce sont des ruminations incessantes ou une hypersensibilité émotionnelle. Pour d’autres, ce sont des inquiétudes concernant leur enfant : une grande intensité émotionnelle, une fatigue rapide à l’école, un sentiment de ne pas trouver sa place. Ces vécus peuvent être liés à la neuroatypie, un fonctionnement cérébral différent, souvent mal compris, mais pourtant très fréquent.
La neuroatypie ne se résume pas à une étiquette. Elle décrit avant tout une manière singulière de percevoir le monde, de traiter les informations et de ressentir les émotions. Mettre des mots sur ce fonctionnement permet souvent de soulager, de mieux comprendre certaines difficultés, et d’envisager un accompagnement plus ajusté.
Mieux comprendre les fonctionnements atypiques
La neuroatypie désigne un fonctionnement neurologique qui diffère de ce que l’on appelle la norme neurotypique. Être neuroatypique, ce n’est ni une pathologie ni un défaut, mais une autre organisation du cerveau. On parle parfois de neuroatypicité ou de fonctionnement neurodivergent, des notions étroitement liées.
Une personne neuroatypique peut présenter une grande sensibilité sensorielle ou émotionnelle, une pensée rapide et foisonnante, une créativité importante, mais aussi une difficulté à filtrer les stimulations, les informations ou les émotions. Cela concerne aussi bien l’adulte que l’enfant, et parfois dès le plus jeune âge.
La neuroatypie regroupe plusieurs profils, qui peuvent exister seuls ou se combiner :
- le haut potentiel intellectuel (HPI), souvent associé à une pensée en arborescence, une grande curiosité et une intensité émotionnelle marquée ;
- les troubles du spectre de l’autisme, y compris l’autisme féminin, parfois plus discret, associé à l’hypersensibilité ;
- les troubles “dys” (dyslexie, dyspraxie, dyscalculie, dysphasie…), qui impactent les apprentissages mais pas l’intelligence ;
- les fonctionnements marqués par une hypersensibilité émotionnelle ou sensorielle ;
- certains profils avec troubles de l’attention, avec ou sans hyperactivité (TDAH) ;
- d’autres formes de neuroatypicité, parfois difficiles à nommer, mais bien réelles dans le vécu quotidien.
Beaucoup se demandent alors comment savoir s’ils sont neuroatypiques et des tests de neuroatypie ou un diagnostic peuvent apporter des repères, mais ils ne disent jamais tout du fonctionnement interne, du ressenti et du parcours de vie.
Neuroatypie au quotidien : hypersensibilité, rumination et blessures invisibles
Le fonctionnement neuroatypique s’accompagne souvent d’une intensité accrue. Les émotions sont plus fortes, les pensées plus nombreuses, les expériences plus marquantes. Cette amplification peut être une richesse, mais elle peut aussi devenir envahissante.
Chez de nombreux enfants neuroatypiques, l’école peut être un lieu de souffrance. Les traumatismes liés au cadre scolaire, à l’incompréhension, aux remarques répétées ou au sentiment de décalage laissent parfois des traces durables. Chez l’adolescent neuroatypique, cela peut se traduire par une perte de confiance en soi, un repli ou une anxiété importante.
À l’âge adulte, la neuroatypie s’exprime souvent par une rumination mentale, une difficulté à “éteindre” le cerveau, une hypersensibilité émotionnelle ou relationnelle. L’autisme féminin, par exemple, passe longtemps inaperçu, notamment chez les personnes très adaptatives, mais s’accompagne d’une grande fatigue intérieure.
La neuroatypie multiplie les ressentis. Un événement qui semble anodin pour d’autres peut être vécu comme très intense, voire traumatique. Sans accompagnement, ces accumulations peuvent fragiliser l’estime de soi et renforcer le sentiment d’être “trop” ou “pas assez”.
Accompagner les profils neuroatypiques, à tout âge
Qu’il s’agisse d’un bébé, d’un enfant, d’un adolescent ou d’un adulte neuroatypique, l’accompagnement vise avant tout à redonner du sens à ce qui est vécu. Il s’agit d’aider chacun à mieux comprendre sa manière de penser, de ressentir et d’interagir avec le monde.
Dans mon accompagnement, je prends le temps d’écouter la personne ou les parents lorsqu’il s’agit d’un enfant. L’objectif est de comprendre le ressenti, la façon dont le cerveau fonctionne, et d’identifier ce qui a pu activer certains traumatismes. Mettre des mots sur ce qui se passe intérieurement est souvent une étape essentielle pour apaiser ce qui déborde.
Selon les besoins et l’âge, l’hypnose et l’EMDR peuvent être utilisées pour travailler sur des traumatismes liés à l’école, des expériences de rejet ou d’incompréhension, une hypersensibilité envahissante ou des ruminations constantes. Ces approches permettent d’apaiser le système nerveux et de diminuer l’intensité émotionnelle, sans chercher à gommer ce qui fait la singularité de la personne neuroatypique.
L’objectif est d’accompagner chacun, enfant comme adulte, vers une relation plus apaisée à ses émotions, à son histoire et à son fonctionnement neuroatypique, tout en renforçant la confiance en soi et le sentiment de sécurité intérieure.
Vous avez quelques interrogations ?
Comment savoir si je suis neuroatypique ?
Mon expérience me permet aujourd’hui de vous aider à déterminer si vous avez un fonctionnement neuroatypique.
Quelle approche thérapeutique est adaptée à un traumatisme lié à un fonctionnement neuroatypique ?
L’hypnothérapie et l’EMDR peuvent être utilisées.