Guillaume Badon

regard homme

Le brainspotting : une thérapie pour libérer les traumatismes enfouis

Une angoisse qui remonte dès que vous montez en voiture, des mois après un accident. Une rupture ancienne qui vous replonge dans la même douleur au moindre rappel. Un conflit qui vous met dans un état que vous ne comprenez pas vous-même. Ces réactions ne sont pas une faiblesse. Elles sont la trace d’expériences que votre cerveau n’a pas encore pu digérer pleinement.

Comprendre ne suffit pas toujours à faire cesser ces mécanismes, parce qu’ils ne sont pas stockés dans la partie rationnelle du cerveau. C’est précisément là que le brainspotting intervient.

Le brainspotting, qu'est-ce que c'est ?

Le brainspotting est une approche thérapeutique développée en 2003 par le psychothérapeute américain David Grand. Travaillant initialement avec des patients en état de stress post-traumatique sévère, il a observé que certaines positions du regard semblaient activer des zones cérébrales précises, en lien direct avec les mémoires traumatiques stockées. De cette observation est née la thérapie brainspotting.

Le principe est à la fois simple et profond : la direction du regard influence ce que l’on ressent. En identifiant un point spécifique dans le champ visuel du patient — appelé le brainspot — il devient possible d’accéder aux zones sous-corticales du cerveau, celles qui stockent les souvenirs traumatiques sous forme de sensations, d’émotions et de réactions corporelles. Ces zones ne sont pas accessibles par la pensée consciente ni par la parole seule.

Contrairement à d’autres approches, le brainspotting ne demande pas au patient de raconter en détail ce qu’il a vécu. C’est une thérapie qui travaille en profondeur, sans avoir besoin de tout verbaliser, ce qui la rend particulièrement adaptée aux personnes pour qui mettre des mots sur leur vécu est difficile, douloureux ou simplement insuffisant.

Quand faut-il envisager une thérapie par le brainspotting ?

Lorsqu’un événement a été trop intense, trop soudain ou vécu dans un état d’impuissance, le cerveau peut ne pas parvenir à l’intégrer pleinement. Le souvenir reste alors stocké de manière désorganisée, avec toute la charge émotionnelle et sensorielle du moment initial. Il peut se réactiver à n’importe quel moment, souvent de façon incompréhensible pour la personne elle-même.

La thérapie brainspotting peut être utile dans de nombreuses situations comme :

  • un stress post-traumatique avec des flashbacks, des cauchemars ou une hypervigilance persistante ;
  • des blocages émotionnels qui résistent aux thérapies verbales ou cognitives ;
  • une anxiété diffuse, des peurs difficiles à relier à un événement précis ;
  • des chocs émotionnels récents ou anciens, parfois remontant à l’enfance ;
  • des douleurs chroniques ou des manifestations corporelles sans explication médicale claire ;
  • des difficultés liées à la dissociation ou à des troubles précoces de l’attachement ;
  • des blocages dans les performances, qu’elles soient sportives, artistiques ou professionnelles.

Le brainspotting convient également aux personnes qui ont l’impression d’avoir « fait le tour » de leur problématique sur le plan cognitif, mais dont le corps et les émotions n’ont pas encore suivi. Il peut être pratiqué dès la première séance et ne nécessite pas de raconter l’intégralité de son parcours de vie pour être efficace.

femme qui pleure

Ce qui se passe concrètement en séance

En séance de brainspotting, le travail débute par l’identification du brainspot. Je vous demande d’évoquer intérieurement la problématique sur laquelle vous souhaitez travailler, et d’observer ce que cela génère dans votre corps : une tension, une sensation, une activation émotionnelle. Ensuite, je réalise lentement un balayage devant votre champ visuel avec un pointeur. À un moment précis, le cerveau profond signale qu’une zone pertinente a été atteinte : un imperceptible réflexe oculaire, un clignement, une légère modification du regard. Ce point, c’est le brainspot.

Une fois ce point identifié, vous y maintenez votre regard de façon fixe, sans chercher à analyser ni à comprendre ce qui remonte. Des images, des sensations, des émotions peuvent surgir. Je reste présent à vos côtés tout au long du processus. Une musique bilatérale (biolateral sound) peut également être utilisée pour soutenir le travail de traitement cérébral.

Ce qui rend cette thérapie particulière, c’est que le cerveau effectue lui-même le travail de traitement et d’intégration. Je n’interviens pas pour suggérer une interprétation ou orienter ce qui émerge. Je crée simplement les conditions pour que le processus d’auto-guérison naturel puisse se déployer. Progressivement, l’activation diminue, le souvenir ou la problématique perd de sa charge émotionnelle, et une sensation d’apaisement s’installe.

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Comment j'utilise le brainspotting dans mon accompagnement

Ce qui me plaît dans le brainspotting, c’est qu’il atteint des endroits que d’autres approches ne touchent pas toujours. Certaines personnes ont déjà fait un long travail thérapeutique, elles comprennent leurs mécanismes, et pourtant quelque chose reste coincé dans le corps. C’est souvent là que j’introduis le brainspotting, pas comme une solution de remplacement, mais comme une clé supplémentaire.

Je l’utilise aussi volontiers avec des personnes qui ont du mal à mettre des mots sur ce qu’elles vivent, ou pour qui parler de leur vécu est épuisant ou insuffisant. Le fait que cette thérapie n’exige pas de tout raconter est souvent un vrai soulagement.

Je reçois dans mes cabinets de Clermont-Ferrand, Issoire et Cournon-d’Auvergne, et à distance en visio. Si vous cherchez un praticien brainspotting, prenez le temps de vous assurer que vous vous sentez en confiance. C’est cette sécurité qui permet au processus de se déployer pleinement.

Vous avez quelques interrogations ?

Les deux approches travaillent sur les traumatismes en s’appuyant sur le regard et les mécanismes naturels de traitement du cerveau.

La principale différence est que l’EMDR utilise des mouvements oculaires alternés de gauche à droite, tandis que le brainspotting maintient un regard fixe sur un point précis dans le champ visuel. Le brainspotting est également moins structuré, et laisse davantage de place au ressenti corporel et au processus spontané du patient.

Cela dépend de la nature et de l’ancienneté des difficultés. Pour certaines personnes, quelques séances suffisent à amorcer un changement significatif. Pour des traumatismes plus anciens ou plus complexes, un suivi plus long peut être nécessaire. Nous en discutons ensemble dès le premier entretien.

Oui, le brainspotting peut se pratiquer en visio. Contrairement au neurofeedback, cette approche ne nécessite pas d’être physiquement présent au cabinet.

Après une séance, il est possible de ressentir une certaine fatigue ou émotivité, et de voir des souvenirs remonter dans les jours qui suivent. C’est le signe que le travail de traitement se poursuit. Ces effets sont temporaires et s’estompent rapidement.